Istanbul dans les mémoires d’un officier de marine français

Le 16 mai 1876,  un certain lieutenant français, Julien Viaud, entre, pour la première fois, en Turquie. Traversant Salonique, alors ville cosmopolite de l’empire ottomane, il arrive à la capitale de cette dernière, Constantinople. Prenant l’identité d’Arik Ussim Effendi, il y mène une vie à la turque par excellence. Par la suite, il développe un amour inconditionnel pour ce pays, ses gens et sa culture. Une extrême puissance littéraire se trouve dans ses lignes. Et une défense ardente et sans réserve (!), dans ses idées politiques. Cet écrivain et officier de marine français, c’est bien Pierre Loti qui a également rédigé de nombreux romans, articles et récits de voyage sur la Turquie.

« Stamboul », comme la ville se présente dans ses lignes, prend une place privilégiée dans son oeuvre. Ces quelques extraits en constituent une toute petite introduction*. On y voit la meilleur preuve de sa prétention :

« C’est presque à travers mon âme qu’ils vont apercevoir le grand Stamboul ». 

Dans le « Fantôme d’Orient », paru pour la première fois en 1892, il écrit :

« Nous commençons à descendre le Bosphore, et la grande féerie des deux rives, lentement, se déroule. … Oh! Stamboul est là ! bien réel, très vite rapproché maintenant, sous un éclairage net et banal, ramené à son apparence la plus ordinaire, … « 

Ensuite, dans le « Constantinople en 1890 » rédigé pour la série des « Capitales du monde » et publié en fascicules par Hachette en 1892, il écrit ces lignes sur Istanbul.

« Oh! Stamboul! De tous les noms qui m’enchantent encore, c’est toujours celui-là le plus magique. Sitôt qu’il est prononcé, devant moi une vision s’ébauche: très haut, très haut en l’air, et d’abord dans le vague des lointains, s’esquisse quelque chose de gigantesque, une incomparable silhouette de ville. La mer est à ses pieds; une mer que sillonnent par milliers de navires, des barques, dans une agitation sans trêve, et d’où monte une clameur de Babel, en toutes langues du Levant ; la fumée flotte, comme un long nuage horizontal, sur l’amoncellement des paquebots noirs et des caïques dorés, sur la foule bariolée qui crie ses transactions et ses marchandages; l’incessante fumée recouvre tout de son voile. Et c’est là-bas, au-dessus de ces buées  et de ces poussières de houille, que la ville immense apparaît comme suspendue. »

Ces brefs extraits sont tirés du « Fantôme d’Orient et autres textes sur la Turquie », paru chez libretto à Paris en 2010 dans son édition présentée et préfacée par Jean-Claude Perrier.

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